Conférence-débat sur les centres éducatifs fermés et l'insertion des jeunes
Par Grégory PICART le mercredi 3 février 2010, 14:23 - Lien permanent
C’est au centre Léon-Jouhaux que la section lensoise de la ligue des droits de l’homme avait organisé une conférence-débat sur les centres éducatifs fermés et l’insertion des jeunes. La présentation de cette soirée permis de situer la place de la Prévention Judiciaire de la Jeunesse de nos jours et de répondre aux principales préoccupations de notre société en 2010. Une vingtaine de participants ont pu ainsi découvrir un univers totalement méconnu.La manifestation a été animée pour l’essentiel par Jean-Luc Przymencki, chef de service du Centre Educatif Fermé (CEF) de Liévin et une éducatrice spécialisée.
Dans son intervention, Jean-Luc Przymencki après un bref historique sur la question a rappelé que les centres éducatifs fermés s’adressent aux mineurs multirécidivistes ou multiréitérants qui font l’objet d’une mesure de contrôle judiciaire ou de sursis avec mise à l’épreuve. Ils constituent une alternative à l’incarcération et viennent toujours après l’échec de mesures éducatives. Le terme “fermé” renvoie à la fermeture juridique définissant le placement, c’est-à-dire que tout manquement grave au règlement du centre est susceptible d’entraîner une détention. Le Centre Educatif Fermé se veut une réelle alternative à l'incarcération pour les jeunes délinquants multirécidivistes ou multiréitérants dans la tranche d’âge allant de 13 à 16 ans. Ce passage obligé pour ces jeunes souvent en panne de repères, est l'occasion de se « reconstruire » et de reprendre contact avec la vie sociale.
Au centre de Liévin, une dizaine de jeunes sont pris en charge 24h sur 24. Ils sont encadrés par des personnels spécialisés dans les domaines éducatifs (enseignement, sportif, médical, social…) ; ils apprennent ou réapprennent à vivre ensemble, à se maîtriser, se respecter … Un gros travail sur eux mêmes, sur les actes qu’ils ont commis et dont ils n’ont pas toujours conscience de la gravité leur permet de pouvoir reprendre pied dans la société. Dans un CEF, face à des mineurs, on est toujours entre l’éducatif et le répressif.
Mis en place dans le cadre des actions de protection judiciaire de la jeunesse qui trouve sa source dans une ordonnance datant de 1945, les CEF font passer l’éducatif avant le répressif. Ils dépendent du ministère de la justice. Pour ce qui concerne les mineurs délinquants, c’est le juge des enfants qui a la compétence pour prendre une décision judiciaire.
Un débat permis de riches échanges avec le public qui pris conscience des efforts réalisés pour tenter d’assurer l’espoir d’une réinsertion positive pour des jeunes « mal embarqués ». Le pourcentage de réussite dans la voie de la réinsertion est très prometteur.
Mais alors pourquoi supprime t on tant de postes dans l’Education Nationale ? Victor HUGO n’affirmait il pas déjà à son époque que « chaque fois que l’on ferme une école, on ouvre une prison » ? Sans doute , mais là il s’agit d’un autre débat…
Les intervenants sont à remercier avec une mention particulière au directeur de ce centre et au Directeur Départemental de la Prévention Juridique de la Jeunesse d’ARRAS qui ont répondu favorablement à l’invitation de la Ligue des Droits de l’Homme.
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